J'ai bercé contre toi la lune et ses pâleurs
Pour laisser le soleil s'effacer sur nos lèvres
Comme un soupir s'éteint dans l'aube qu'un orfèvre
A voulu esquisser pour survire à nos peurs.
C'est le temps qui sourit à l'heure de mourir
Mais puisque je t'entends détourner le silence
Il peut encore dire et délacer l'absence
Qui ronge sous les peaux de ses longs souvenirs...
Et si les derniers murs sont les rails effacés
Qui ne s'éloignent pas jusqu'au creux de nos villes
Il suffira d'ailer les distances fragiles
Au gré des univers que l'on a vu passer...
Car c'est là que mes mains ont tissé tous leurs cieux
En filaments de vie, à l'aiguille qui loge,
Entre le bleu des sangs, le battement d'horloge
Où se rythme mon c½ur pour y trouver tes yeux.
Le jour a survécu à mes cris répétés
Lorsque, sans bruit, ma chair écartelait mes veines
Pour y laisser entrer la nuit comme une haleine
Dans le creux de ton cou aux frissons regrettés.
